La DTMA : ce que recouvre la méthode, et ce qu'elle n'est pas
DTMA signifie décodage des troubles et mémoires ancestrales. Derrière ce sigle un peu opaque se trouve une approche d'accompagnement qui part d'une intuition partagée par beaucoup de gens : certaines de nos réactions nous échappent, se répètent, et semblent ne pas nous appartenir tout à fait.
C'est une méthode récente et de niche. Autant le dire d'emblée : elle relève du bien-être et non du soin, elle n'a pas de reconnaissance médicale, et cet article s'attache autant à décrire ce qu'elle propose qu'à situer honnêtement ses limites.
De quoi parle-t-on exactement
La DTMA repose sur une hypothèse de travail : une partie de nos blocages actuels serait reliée à des vécus anciens, personnels ou familiaux, restés inscrits sans être accessibles à la conscience. Peurs sans cause identifiable, réactions démesurées à une situation banale, scénarios qui se répètent d'une génération à l'autre.
Pour travailler cette matière, la méthode emprunte à trois registres : les techniques d'hypnose pour installer un état de conscience modifié, une lecture énergétique inspirée de traditions diverses, et le regard sur l'histoire familiale que l'on retrouve en psychogénéalogie.
Il faut être clair sur le statut de cette hypothèse : c'est un cadre de travail, pas un mécanisme démontré. On lit parfois des références à l'épigénétique pour justifier l'idée d'une transmission des traumatismes. La recherche dans ce domaine existe, elle est active, elle est aussi discutée, et surtout elle ne valide en rien les protocoles d'accompagnement qui s'en réclament. Un praticien honnête présente sa méthode comme une approche, pas comme une science établie.
Ce qui distingue la DTMA de l'EMDR
La confusion est fréquente et elle mérite d'être levée, parce qu'elle porte à conséquence.
L'EMDR est une psychothérapie structurée, développée à partir des années 1980, qui a fait l'objet de nombreuses recherches cliniques et figure dans des recommandations internationales pour le trouble de stress post-traumatique. Elle se pratique dans un cadre clinique, par des professionnels formés à cet effet.
La DTMA est une approche d'accompagnement bien-être. Elle emprunte des idées au champ du traumatisme, elle n'a pas fait l'objet de validation scientifique, et elle n'a pas le même cadre.
La conséquence est directe : se former à la DTMA ne rend pas praticien EMDR, et personne ne devrait laisser croire le contraire, ni dans une communication, ni sur une carte de visite.
Et la différence avec la psychogénéalogie ?
Les deux approches s'intéressent à ce qui circule dans une famille, mais elles n'attaquent pas par le même côté.
La psychogénéalogie travaille par la reconstitution : on dessine l'arbre, on note les dates, les prénoms, les métiers, les deuils, les non-dits, et on cherche les coïncidences et les répétitions. C'est un travail de mise au jour, largement intellectuel, qui produit souvent une compréhension nouvelle par le simple fait de voir les choses posées.
La DTMA passe plutôt par l'état modifié de conscience et le ressenti corporel, avec une grille de lecture énergétique.
En pratique, beaucoup de praticiens combinent les deux : l'arbre pour situer et comprendre, l'autre approche pour travailler ce qui a été repéré.
Comment se déroule une séance
Une séance dure généralement entre une heure et une heure trente, et suit trois temps.
L'entretien préalable. Il précise la demande, mais surtout il permet de vérifier que la situation relève bien de l'accompagnement. C'est le moment le plus important de la séance, et celui que les praticiens débutants expédient.
Le travail lui-même. Le praticien installe une détente profonde, proche de l'état hypnotique, et guide la personne dans l'exploration d'une situation, d'une sensation physique ou d'un ressenti. Rien n'est imposé, la personne reste consciente et peut interrompre à tout moment.
Le retour. La séance se termine toujours par un retour progressif à l'état ordinaire, un temps de parole et, souvent, quelques repères pour les jours suivants. Une séance ne doit jamais se terminer sur une émotion laissée ouverte : c'est une règle de sécurité élémentaire dans toute pratique qui travaille sur l'émotionnel.
Les limites, et elles sont importantes
C'est la section qui devrait décider quelqu'un à se former, ou à ne pas se former.
Le traumatisme grave n'est pas du ressort de cette pratique. Un trouble de stress post-traumatique, une dissociation, une dépression sévère, des idées suicidaires : cela relève de professionnels de santé, dans un cadre clinique. Un accompagnement de bien-être n'a ni les outils ni la responsabilité pour cela, et une remontée émotionnelle mal encadrée peut aggraver l'état d'une personne fragile.
La suggestibilité est un risque réel. Dans un état de détente profonde, une question mal formulée peut orienter le contenu de ce qui remonte. C'est un phénomène documenté pour toutes les pratiques qui associent état modifié de conscience et exploration de la mémoire, et c'est la raison pour laquelle la formulation des questions s'apprend et compte autant que la technique.
Aucune promesse ne doit être faite. Ni sur un nombre de séances, ni sur un résultat, ni sur la disparition d'un symptôme. Une pratique de bien-être accompagne, elle ne guérit pas, et elle ne remplace jamais un suivi médical ou psychologique.
Un praticien qui pose ces limites clairement dès le premier entretien fait un bien meilleur travail que celui qui promet un déblocage en trois séances.
À qui s'adresse cette formation ?
Le profil dominant est celui du praticien déjà installé, en hypnose, en EFT, en PNL ou en soins énergétiques, qui cherche un outil supplémentaire pour les situations où le symptôme résiste et semble avoir une racine ancienne.
C'est aussi une porte d'entrée pour des personnes venues du travail sur l'histoire familiale, qui souhaitent une approche plus corporelle que l'arbre généalogique.
En revanche, ce n'est pas une première formation recommandable pour quelqu'un qui découvre entièrement le domaine. Travailler sur l'émotionnel et la mémoire demande d'avoir déjà l'expérience du cadre, du repérage des situations à ne pas prendre, et de la conduite d'un entretien. Mieux vaut commencer par une pratique plus structurée et venir à celle-ci ensuite.
Pour un praticien qui a déjà ce socle, la formation à la DTMA se suit en ligne et détaille le protocole séance par séance.
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