Sexothérapie : une pratique qui se définit d'abord par son cadre
C'est le domaine du bien-être où le cadre compte le plus, et où il est le plus souvent mal compris. Alors commençons par là, avant même de définir la pratique.
Une séance de sexothérapie se déroule entièrement par la parole. Habillé, assis, comme n'importe quel entretien. Aucun examen, aucune démonstration, aucun contact d'aucune nature, jamais. Les exercices éventuels se pratiquent chez soi, seul ou en couple, en dehors de la présence du praticien.
Cette règle n'admet pas d'exception. Toute proposition qui s'en écarterait constituerait une faute grave, et la personne concernée devrait quitter la séance et le signaler. Le dire d'emblée, publiquement, protège les patients et protège la profession.
De quoi s'occupe réellement la sexothérapie
Les motifs de consultation sont beaucoup plus terre-à-terre que ce qu'on imagine. Ils tournent presque toujours autour de quelques situations.
L'écart de désir dans un couple, de loin le premier motif. L'un souhaite, l'autre moins, et le sujet devient impossible à aborder sans que chacun se sente accusé.
L'anxiété de performance, qui fonctionne en cercle : la crainte de l'échec produit l'échec, qui renforce la crainte. Ce mécanisme se travaille bien, précisément parce qu'il est mental.
La méconnaissance, plus fréquente qu'on ne le croit chez des adultes de tout âge. Beaucoup de difficultés reposent sur des idées fausses, sur des attentes calquées sur des représentations irréalistes, ou sur une simple ignorance de l'anatomie.
La culpabilité et le poids des interdits reçus, qui traversent les générations et les milieux.
Et les changements de vie : après une naissance, pendant la ménopause, après une maladie, avec l'âge. Le corps change, la relation doit se réinventer, et personne n'a expliqué comment.
Sexothérapeute, sexologue, psychologue : qui fait quoi
La distinction est essentielle, y compris pour se présenter correctement.
Le médecin sexologue est un professionnel de santé ayant suivi une formation universitaire complémentaire. Il peut examiner, prescrire, explorer une cause organique. Il est le seul à pouvoir le faire.
Le psychologue, dont le titre est protégé en France, intervient sur la souffrance psychique et peut travailler ces questions dans un cadre clinique.
Le sexothérapeute non médecin travaille par la parole sur la relation, les représentations, la communication et l'anxiété. C'est un champ réel et utile, à condition de le nommer pour ce qu'il est.
Une conséquence pratique : un praticien non médecin ne doit pas se présenter comme médecin sexologue, ni laisser croire qu'il en a les compétences. Des formulations comme « praticien en sexothérapie » ou « conseiller en sexothérapie » disent la vérité et n'enlèvent rien à la valeur du travail.
Le premier réflexe : écarter la cause médicale
C'est le point sur lequel un praticien se juge, et il vient avant tout le reste.
Une douleur, un saignement, un trouble de l'érection installé, une baisse de désir survenue brutalement : ces manifestations peuvent avoir une origine hormonale, vasculaire, neurologique, gynécologique, ou être liées à un traitement en cours. Certains médicaments courants, notamment des antidépresseurs et des traitements de l'hypertension, ont des effets bien documentés sur la sexualité.
Aucun travail par la parole ne résoudra cela. Et s'y engager sans avis médical revient à retarder un diagnostic, parfois d'une pathologie sérieuse dont la difficulté sexuelle n'était que le premier signe.
La règle est donc simple : dès qu'il y a un symptôme physique, on oriente vers un médecin, et on travaille éventuellement en parallèle une fois l'exploration faite. Un praticien qui pose cette question au premier entretien fait le travail correctement.
Ce qu'un praticien ne fait jamais
La liste est courte et sans nuance.
Aucun contact physique, sous aucune justification, dans aucun cadre. Cette règle est absolue.
Aucun acte médical, aucun examen, aucune prescription, aucun conseil sur un traitement en cours.
Aucun travail sur un psychotraumatisme. Les séquelles de violences sexuelles relèvent de professionnels formés à la prise en charge du psychotraumatisme. Un accompagnement mal conduit peut réactiver le traumatisme au lieu de l'apaiser. Le rôle du praticien est d'accueillir la parole sans la fuir et sans la creuser, puis d'orienter.
Aucun jugement sur les pratiques, les orientations, les identités ou les choix de vie, dès lors qu'ils relèvent d'adultes consentants.
À quoi s'ajoute une exigence de confidentialité renforcée. Dans ce domaine plus qu'ailleurs, une indiscrétion, même anonymisée, est dévastatrice.
La question du consentement, à double sens
Elle traverse la pratique de deux façons.
Dans le contenu : une partie du travail consiste souvent à réapprendre à formuler ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas, à l'intérieur du couple. Beaucoup de difficultés viennent de non-dits accumulés, où chacun croit deviner l'autre.
Dans le cadre lui-même : la personne accompagnée décide de ce qu'elle raconte et de ce qu'elle garde. Un praticien n'a pas à obtenir des détails dont il n'a pas besoin. La curiosité n'est pas une méthode, et la précision des questions doit rester au service du travail.
Un métier qui suppose d'avoir travaillé sur soi
Plus encore que dans les autres domaines de la relation d'aide, l'histoire personnelle du praticien s'invite dans la pièce.
Nous avons tous une éducation, des interdits reçus, des expériences, des jugements que nous croyons ne pas avoir. Un praticien qui n'a pas regardé cela laissera passer son malaise, ses évitements ou sa désapprobation dans une intonation, une reformulation, un silence. Les personnes qui consultent sur ces sujets sont extrêmement sensibles à ces signaux, parce qu'elles s'attendent à être jugées.
C'est pourquoi ce n'est pas un domaine par lequel commencer. Une pratique préalable en Gestalt-thérapie, en communication bienveillante ou en accompagnement de couple donne les réflexes de cadre et d'écoute sans lesquels le reste ne tient pas.
À qui s'adresse cette formation ?
Aux praticiens déjà installés en relation d'aide, en accompagnement de couple ou en thérapie, qui constatent que ces questions arrivent de toute façon dans leurs séances et qui préfèrent y répondre dans un cadre construit plutôt que d'improviser.
Aux professionnels du soin ou de l'éducation qui rencontrent ces sujets dans leur pratique et souhaitent y être mieux préparés.
Elle ne convient pas à quelqu'un qui découvrirait entièrement la relation d'aide, ni à quelqu'un mû par un intérêt personnel pour le sujet plutôt que par le souhait d'accompagner. C'est une distinction que les formateurs sérieux vérifient.
Pour qui remplit ces conditions, la formation en sexothérapie commence là où commence la pratique : par le cadre, avant toute technique.
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Cadre et déontologie, histoire et définitions de la sexologie, outils du praticien, éducation à la sexualité, approches de la Gestalt et de la pleine conscience, questions les plus fréquentes en consultation, repérage des situations d'abus et orientation : une formation complète pour aborder ces sujets dans un cadre construit, avec un certificat remis à l'issue du parcours.
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