Relation d'aide

Parentalité positive : ni permissive, ni autoritaire

Parent à l'écoute de son enfant, parentalité positive

Peu de sujets sont aussi mal compris que la parentalité positive. Pour les uns, c'est enfin une façon d'élever ses enfants sans crier. Pour les autres, c'est le laxisme érigé en méthode, la génération d'enfants-rois, le renoncement à toute autorité.

Ces deux lectures sont fausses, et la seconde plus que la première. La parentalité positive n'est pas une parentalité sans limites. C'est une parentalité qui pose des limites fermes, et qui change la manière de les tenir.

Le malentendu de départ

L'approche repose sur une idée simple à formuler et difficile à appliquer : tenir ensemble deux exigences que l'on croit souvent opposées, beaucoup de bienveillance et beaucoup de fermeté.

On peut représenter les styles éducatifs sur deux axes. Le style autoritaire est fort sur la fermeté et faible sur la chaleur : les règles existent, elles ne se discutent pas, l'enfant obéit par crainte. Le style permissif est l'inverse : beaucoup d'affection, peu de cadre, et un enfant qui se retrouve à devoir fixer ses propres limites, ce dont il n'a ni l'âge ni les moyens. Le style désengagé est faible sur les deux.

La parentalité positive occupe le quatrième quadrant : exigeante et chaleureuse à la fois. La règle est claire, elle est expliquée, elle est maintenue, et elle est tenue sans humilier.

Ce point mérite d'être martelé, parce que c'est la première chose qu'un coach doit corriger chez les parents qui arrivent. Beaucoup ont lu trois articles, ont arrêté de punir, n'ont rien mis à la place, et se retrouvent débordés. Ils en concluent que « ça ne marche pas ». En réalité ils n'ont appliqué que la moitié de l'approche, celle qui consiste à retirer, sans la moitié qui consiste à construire.

Punir ou réparer : la distinction centrale

C'est probablement l'outil le plus utile de tout l'édifice, et le plus simple à transmettre.

Une punition est décidée par l'adulte, n'a le plus souvent aucun rapport logique avec l'acte, et vise à faire payer. Un enfant parle mal à sa sœur, il est privé d'écran. Le lien entre les deux n'existe que dans la tête du parent. Ce que l'enfant apprend, principalement, c'est à ne pas se faire prendre.

Une conséquence découle de l'acte et vise à réparer. Il a renversé, il nettoie. Il a blessé sa sœur, il va lui parler et voir avec elle comment réparer. Il a oublié ses affaires de sport, il assume l'oubli auprès de son professeur. Ce que l'enfant apprend, cette fois, c'est le lien entre ce qu'il fait et ce que cela produit.

La nuance paraît mince sur le papier. Dans une famille, elle change tout : elle déplace l'enjeu de « qui a le pouvoir » vers « comment on répare », et elle désamorce l'essentiel des bras de fer.

Ce que la loi française a changé

La loi du 10 juillet 2019 a inscrit dans le Code civil que l'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ni psychologiques. Le texte n'a pas créé de nouvelle sanction pénale, il n'a pas « interdit la fessée » au sens judiciaire du terme, mais il a posé un principe et déplacé une norme sociale.

Son effet le plus concret est celui-ci : beaucoup de parents savent désormais ce qu'ils ne veulent plus faire, sans savoir par quoi le remplacer. Ils ont grandi avec un modèle éducatif qu'ils refusent de reproduire, et ils n'en ont pas d'autre sous la main. C'est très exactement la demande qui arrive en accompagnement.

Ce que fait concrètement un coach en parentalité

Le travail ne commence presque jamais par une théorie. Il commence par une situation précise.

« Le coucher, chez nous, c'est deux heures de bataille tous les soirs. » On déroule alors la scène minute par minute : ce qui se passe à 19 h, ce que dit le parent, ce que fait l'enfant, à quel moment exact le ton monte. Presque toujours, le point de bascule n'est pas là où le parent le croyait.

Ensuite on teste un changement, un seul, assez modeste pour être tenable une semaine. Et on ajuste à la séance suivante en fonction de ce qui s'est passé.

Les grands terrains sont toujours les mêmes : le coucher, les repas, les devoirs, les écrans, les départs le matin, et les rivalités entre frères et sœurs, qui à elles seules occupent une part considérable des accompagnements. Une part du travail porte aussi sur ce que l'enfant vit à l'extérieur, notamment les situations de harcèlement, où le rôle du parent est délicat à trouver.

Et il y a une dimension que les parents n'anticipent pas : le travail porte au moins autant sur leurs propres réactions que sur le comportement de l'enfant. Qu'est-ce qui, chez moi, fait que je perds pied à ce moment-là ? Souvent, la réponse remonte à sa propre enfance. C'est là que l'approche croise la communication bienveillante et le travail sur les émotions.

Coach parental, psychologue, éducateur : qui fait quoi

La confusion est fréquente et il vaut mieux la lever d'emblée.

Le psychologue porte un titre protégé en France. Il intervient sur la souffrance psychique, évalue, et travaille souvent directement avec l'enfant. C'est vers lui qu'on oriente devant un trouble installé, une angoisse envahissante, un décrochage.

L'éducateur spécialisé intervient dans un cadre institutionnel, souvent sur mandat, auprès de familles en difficulté.

Le coach en parentalité travaille avec des parents qui vont globalement bien, sur des situations concrètes du quotidien, et sur une durée courte. Il ne suit pas l'enfant, il outille le parent. Il ne traite rien, il ajuste des pratiques.

Savoir passer la main fait partie du métier. Devant une souffrance qui s'installe, une situation de danger, une séparation très conflictuelle ou un trouble du développement, l'accompagnement parental ne suffit pas et le dire honnêtement fait partie du professionnalisme.

Un métier qui se pratique aussi en collectif

C'est une particularité de ce domaine : l'atelier de groupe y fonctionne remarquablement bien.

D'abord parce que la parentalité est un sujet où l'on se sent facilement seul et en faute. Entendre un autre parent décrire exactement la même scène du matin produit un soulagement immédiat, et souvent plus d'effet qu'un conseil.

Ensuite parce que les jeux de rôle y prennent tout leur sens. Rejouer une scène de conflit, inverser les rôles, tester une autre formulation devant le groupe : cela ancre bien mieux qu'une explication.

En pratique, beaucoup de praticiens combinent des accompagnements individuels ou en couple parental avec des cycles d'ateliers, parfois en partenariat avec des écoles, des associations familiales, des centres sociaux ou des crèches.

À qui s'adresse ce métier ?

Le profil dominant est celui du parent qui a cherché. Quelqu'un qui a traversé une période difficile avec son propre enfant, s'est formé pour s'en sortir, et découvre qu'il aime transmettre ce qu'il a appris.

Viennent ensuite les professionnels de l'enfance, assistantes maternelles, animateurs, enseignants, personnels de crèche, pour qui c'est une extension naturelle de leur pratique.

Et enfin les praticiens déjà installés en relation d'aide, qui constatent que les questions parentales s'invitent de toute façon dans leurs séances.

Une mise en garde vaut pour tous : dans ce métier plus que dans d'autres, il faut se méfier du réflexe de donner en modèle sa propre famille. Ce qui a fonctionné chez soi est un exemple, pas une méthode.

C'est aussi ce qu'une formation apporte : des repères qui ne viennent pas de sa propre histoire. La formation de coach en parentalité positive aborde ces situations une à une, en ligne et sans prérequis.

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Questions fréquentes

La parentalité positive expliquée

Est-ce laisser tout faire à son enfant ?
Non, c'est le contresens le plus répandu. L'approche tient ensemble beaucoup de bienveillance et beaucoup de fermeté. Les limites sont posées et maintenues, la différence porte sur la manière : on explique, on tient bon sans humilier, et on remplace la punition par la réparation. Un cadre permissif produit d'ailleurs de l'insécurité chez l'enfant.
Quelle différence entre punition et conséquence ?
La punition est décidée par l'adulte, sans rapport logique avec l'acte, et vise à faire payer. La conséquence découle de l'acte et vise à réparer : on a renversé, on nettoie. La première apprend surtout à ne pas se faire prendre, la seconde apprend le lien entre ses actes et leurs effets.
Un coach en parentalité est-il un psychologue ?
Non. Le psychologue porte un titre protégé et intervient sur la souffrance psychique, souvent avec l'enfant. Le coach travaille avec les parents, sur des situations concrètes du quotidien : coucher, devoirs, disputes entre frères et sœurs. Face à une souffrance installée ou une situation grave, son rôle est d'orienter.
Les punitions corporelles sont-elles interdites en France ?
Oui. La loi du 10 juillet 2019 a inscrit dans le Code civil que l'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ni psychologiques. Le texte ne crée pas de sanction pénale nouvelle mais pose un principe clair. Beaucoup de parents savent désormais ce qu'ils ne veulent plus faire, sans savoir par quoi le remplacer.
Comment se déroule un accompagnement ?
Il part d'une situation précise plutôt que d'une théorie : le coucher, les devoirs. On observe le déroulé réel, on repère le moment de bascule, on teste un changement modeste, on ajuste ensuite. Souvent cinq à huit séances, en individuel, en couple parental ou en atelier collectif.

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